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PUBLIÉ LE 19 FEVRIER 2018 - HECTOR KITCHEN, TOUS DROITS RESERVES

Par Dr Thierry Bedossa, Emmanuelle Carre et Charlotte Gnaedinger.

SOUS-PRODUITS ANIMAUX DANS L'ALIMENTATION DU CHAT OU DU CHIEN : CE QU'IL FAUT SAVOIR

DĂ©couvrez l'alimentation enfin sur-mesure 

pour votre chien

Lire l'étiquette d'un paquet de croquettes pour chien ou d'une boßte de pùtée pour chat peut s'avérer trÚs difficile lorsqu'il s'agit de faire la différence entre marketing et réglementation, et de comprendre le sous-texte des termes employés... DerriÚre tel ou tel terme, quelle composition se cache réellement ?

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Sous-produits animaux sur l’étiquette des croquettes pour mon chien ? C’est quoi ?

Les sous-produits sont des produits secondaires crĂ©Ă©s en surplus du produit principal. « Sous-produit » n’est en rien un terme nĂ©gatif, il peut-ĂȘtre par contre assez vague. Il concerne aussi bien par exemple pour les carcasses d’animaux pour lequel le produit principal est la viande : les abats de qualitĂ© comme le cƓur ou le foie que d'autres beaucoup moins digestes comme le poumon ou les mamelles. 


En produits vĂ©gĂ©taux, le son de blĂ© (l’enveloppe riche en fibre qui entoure la graine de cĂ©rĂ©ale) est un sous-produit vĂ©gĂ©tal considĂ©rĂ© souvent Ă  tort comme « nĂ©gatif » alors que c'est un plus non nĂ©gligeable pour la bonne digestion de la croquette. De mĂȘme que la pulpe de betterave (le produit secondaire crĂ©e Ă  la suite de l’extraction du sucre), bien moins mauvaise que ne le dit sa rĂ©putation sur le Net, elle est trĂšs utile dans l'alimentation de nos compagnons et surtout : ce n’est en rien un dĂ©chet !

Mais lorsqu'on dit « sous-produit », ceux qui sont bien informĂ©s pensent automatiquement « carcasse, os, Ă©pluchures ou pulpes de fruits et de lĂ©gumes », bref tous les restes de l'industrie agro-alimentaire, « recyclĂ©s » dans l'alimentation pour animaux de compagnie. 

C'est un fait, un sous-produit ne dĂ©signe pas forcĂ©ment des abats (donc de la viande) ou du son de blĂ©. Il faut donc ĂȘtre trĂšs vigilant lors de l'achat des produits.

 

Sous-produits animaux : que dit la loi ?

Le rÚglement européen n° 1069/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 établissant des rÚgles sanitaires applicables aux sous-produits animaux et produits dérivés non destinés à la consommation humaine stipule trÚs précisément les éléments appartenant à la dénomination « sous-produits » :


  • les carcasses et parties d’animaux abattus ou, dans le cas du gibier, les corps ou parties d’animaux mis Ă  mort, qui sont propres Ă  la consommation humaine en vertu de la lĂ©gislation communautaire, mais qui, pour des raisons commerciales, ne sont pas destinĂ©s Ă  une telle consommation ;
  • les carcasses et les parties suivantes provenant d’animaux qui ont Ă©tĂ© abattus dans un abattoir et ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s comme propres Ă  l’abattage pour la consommation humaine Ă  la suite d’une inspection ante mortem, ou les corps et les parties suivantes de gibier mis Ă  mort en vue de la consommation humaine conformĂ©ment Ă  la lĂ©gislation communautaire.

 

Ne sont pas acceptés :

  • les carcasses ou les corps et parties d’animaux Ă©cartĂ©s comme Ă©tant impropres Ă  la consommation humaine conformĂ©ment la lĂ©gislation communautaire, mais qui sont exempts de tout signe de maladie transmissible aux ĂȘtres humains ou aux animaux ;
  • les tĂȘtes des volailles ;
  • les cuirs et les peaux, y compris les chutes et rognures, les cornes et les pieds, y compris les phalanges et les os du carpe, du mĂ©tacarpe, du tarse et du mĂ©tatarse ;
  • des animaux autres que les ruminants nĂ©cessitant un test de dĂ©pistage des EST, et des ruminants qui ont fait l’objet d’un test de dĂ©pistage nĂ©gatif ;
  • les soies de porcs ;
  • les plumes ;


Le rĂšglement stipule que seuls les produits citĂ©s peuvent ĂȘtre mis sur le marchĂ© d'aliments pour animaux de compagnie. Il est recommandĂ© de surcroĂźt que « l'ensemble des matiĂšres mises en avant soient composĂ©es d'au moins 15% de tissus viandeux (muscles lisses ou striĂ©s, abats).


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pour votre chien

Croquettes ou pĂątĂ©e pour chien et chat : qu’est-ce qu’un bon produit et une bonne composition ?

Une bonne composition d'un aliment pour carnivore est avant tout :

  • Riche en viandes ou poissons, de qualitĂ© de prĂ©fĂ©rence. Peu importe que la croquette soit « low grain », avec ou sans cĂ©rĂ©ales, sans additifs, bio etc : l'important est qu'elle contienne de la viande de qualitĂ© en quantitĂ© suffisante. 

C'est là toute la difficulté dans l'acte d'achat. Retenez ce chiffre : pas moins de 30% de viande ou de poisson sur matiÚre sÚche ! Soit un petit tiers de la composition du produit.


  • Claire et prĂ©cise avec des aliments de qualitĂ© et les plus digestes possibles. Une liste d'ingrĂ©dients peut induire en erreur ou ĂȘtre ambigĂŒe. Par exemple, « viandes et sous-produits animaux » ne constitue qu'un seul ingrĂ©dient, et dans ce cas-lĂ , difficile de connaĂźtre la part de l'un et de l'autre. 

Il peut y avoir 3% de viande et 97% de sous-produits animaux comme l'inverse.


  • AdaptĂ©e Ă  votre animal. Le dernier juge du produit, et le plus important, c'est votre animal ! Si Kitty ou MĂ©dor ne l'aime pas, il aura beau ĂȘtre top et cumuler toutes les qualitĂ©s, ce produit ne sera peut-ĂȘtre pas pour lui. NĂ©anmoins, ne vous arrĂȘtez pas au premier Ă©chec. 

Si la croquette riche en viande donne des diarrhĂ©es Ă  votre chien, mĂȘme aprĂšs une transition alimentaire faite dans les rĂšgles, pas de panique. Il est peut-ĂȘtre sensible Ă  l'un des composants, mais ne tirez pas de conclusions trop hĂątives sur l'identitĂ© de l'ingrĂ©dient fautif !

“Sous-produits animaux” : les lĂ©gendes du Net

Plumes, poils, cornes, sabots, laines etc ne font jamais partie des produits destinĂ©s Ă  l'alimentation animale dans nos pays. Ils n’ont aucun intĂ©rĂȘt nutritionnel et ils ne sont pas autorisĂ©s ! C'est une des nombreuses lĂ©gendes du Net qui a la peau dure... 

Cette interdiction repose sur la réglementation européenne et sur le code de bonnes pratiques FACCO/FEDIAF. La seule exception est la farine de plume hydrolysée, utilisée sous certaines conditions pour les aliments hypoallergéniques.

Ce « on dit » nous vient probablement soit d’une mauvaise comprĂ©hension de la rĂ©glementation, soit de dĂ©rives d’Outre-Atlantique constatĂ©es il y a plus de 20 ans !

« Aliment naturel », « qualité consommation humaine »... Comprendre les allégations des industriels sur les étiquettes de croquettes ou de pùtée

Si vous lisez sur un produit « contient des aliments qualitĂ© consommation humaine », ce n'est pas vraiment un mensonge, mais c’est en revanche clairement un abus de langage. Explications !


Depuis 1996 et la crise de la vache folle, ou encore avec le scandale Spanghero de 2012 (la fameuse « viande de cheval »), les lĂ©gislateurs europĂ©ens ont dĂ©cidĂ© de protĂ©ger encore plus la population humaine et leurs animaux de compagnie, en traçant l’origine des viandes en fonction de la qualitĂ© sanitaire des animaux. 


Cela a donnĂ© l’apparition de trois catĂ©gories traitĂ©es diffĂ©remment dans des filiĂšres spĂ©cialisĂ©es, ainsi qu’une supplĂ©mentaire destinĂ©e uniquement Ă  l’homme :


  • CatĂ©gorie 1 : Toutes les bĂȘtes mortes dans les champs ou rĂ©cupĂ©rĂ©es mortes par des gardes forestiers. Elles sont collectĂ©es par des sociĂ©tĂ©s spĂ©cialisĂ©es dans un circuit indĂ©pendant.  Ces animaux sont traitĂ©s dans des fours pour ĂȘtre transformĂ©s en poudre et incinĂ©rĂ©s. Ces viandes disparaissent de la chaĂźne alimentaire animale et vĂ©gĂ©tale : elles ne sont pas du tout utilisĂ©s.


  •  CatĂ©gorie 2 : cette catĂ©gorie concerne 2 types d’animaux :

→ ceux qui partent vivants Ă  l’équarrissage mais qui arrivent morts ou malades

→ ceux qui arrivent en bonne santĂ© sanitaire mais qui prĂ©sentent sur une partie de la carcasse un problĂšme que le prĂ©posĂ© vĂ©tĂ©rinaire dĂ©cide de retirer de la chaĂźne alimentaire humaine (foie malade, abcĂšs sur un muscle). 

Ces produits sont collectĂ©s par un organisme spĂ©cial qui les rĂ©duit Ă  l’état de poudre et les utilise sous forme d’engrais pour l’agriculture.

 

  • CatĂ©gorie 3 : elle concerne tous les produits issus d’un abattoir et dĂ©clarĂ©s sains pour la consommation humaine et susceptibles d’ĂȘtre vendus en l’état, soit directement au public (boucher), soit Ă  des transformateurs (charcutiers industriels). Parmi ces produits destinĂ©s Ă  l’alimentation humaine, certains ne sont pas consommĂ©s par l’homme (pour des raisons culturelles, de goĂ»t ou de saisonnalitĂ© : comme nos fameux cous de poulet ou cƓur de boeuf). 

Ce sont les produits issus de cette derniĂšre catĂ©gorie qui peuvent ĂȘtre valorisĂ©s pour l'alimentation de nos animaux au lieu d'ĂȘtre jetĂ©es. Pour obtenir la catĂ©gorie 3, on a Ă©liminĂ© les bĂȘtes mortes, les bĂȘtes malades, les parties d’animaux Ă©cartĂ©es par les services vĂ©tĂ©rinaires et tous les produits consommĂ©s par l’homme. 


Proclamer que les aliments pour animaux sont rĂ©alisĂ©s Ă  partir de produits de qualitĂ© “consommation humaine” est un abus de langage rĂ©glementaire puisque, en principe, ils le sont tous au dĂ©part, puis, sont sortis du circuit de l’alimentation humaine pour passer en catĂ©gorie 3, Ă  partir de ce moment lĂ , ils ne peuvent plus jamais revenir dans la catĂ©gorie humaine.


Sur le principe, il n’est pas faux de dire que la catĂ©gorie 3 est en fait Ă  l’origine une qualitĂ© humaine, mais il est fallacieux de positionner cet argument marketing pour vendre plus de produits qui sont juste « standards » dans le seul but de rĂ©aliser des marges plus importantes.



Compositions de croquettes ou pùtée pour chien chien et chat : petit lexique

  • « viande ou viandes » : employĂ©s que si la matiĂšre utilisĂ©e est du muscle squelettique.
  • « frais » : qualifiant les matiĂšres premiĂšres utilisĂ©es, ne doit ĂȘtre employĂ© que dans l’hypothĂšse oĂč les matiĂšres ont Ă©tĂ© maintenues Ă  tempĂ©rature positive et entrent Ă  l’état de frais dans le processus de fabrication du produit. Ce terme n’est pas admis en cas de traitements tels que cuisson, dĂ©shydratation, congĂ©lation, hydrolyse, stĂ©rilisation ou similaires, ou d’ajout de sels, d’agents de fumage, de conservateurs chimiques naturels ou synthĂ©tiques, ou tout autre aide auxiliaire.
  • « naturel » : peut ĂȘtre employĂ© uniquement pour dĂ©crire une substance (issue de plantes ou d’animaux, micro-organisme, minĂ©raux) Ă  laquelle rien n’a Ă©tĂ© ajoutĂ©e, mais qui peut avoir Ă©tĂ© l’objet d’un traitement physique rendant possible son utilisation en petfood, tout en maintenant sa composition d’origine.


L’allĂ©gation, comme par exemple « produit/fabriquĂ©/formulĂ© avec des composants naturels » peut ĂȘtre utilisĂ©e dĂšs lors que la liste de composition, identifiant les substances naturelles, est mise Ă  disposition du public, par tout moyen.


→ Exemples de traitements acceptables (pour autant que la composition naturelle soit conservĂ©e) : congĂ©lation, concentration, extractions (sans agent chimique), sĂ©chage, fumage (sans agent chimique), pasteurisation, extrusion, broyage



→ Exemples de traitements inacceptables : dĂ©coloration, oxydation par agents chimiques, traitement chimique, modification gĂ©nĂ©tique


 

Le terme « naturel » ne peut s’appliquer Ă  un aliment que si la totalitĂ© des substances utilisĂ©es sont naturelles, selon la dĂ©finition donnĂ©e ci-dessus. Si l’aliment n’est formulĂ© qu’avec des substances naturelles, mais complĂ©mentĂ© avec des vitamines et minĂ©raux qui ne le sont pas, l’allĂ©gation par exemple « produit X prĂ©parĂ© Ă  l’extrait naturel de plantes » est acceptable.


Pour rĂ©sumer le tout ? MĂȘme si mĂȘme son utilisation est rĂ©glementĂ©e, ce terme ne veut quasiment rien dire ! Surtout quand on parle d’aliments “ultra-transformĂ©s”, comme des croquettes ou de la pĂątĂ©e.

  • « morceaux » : ne s’applique qu’aux fragments naturels. Les Ă©lĂ©ments reconstituĂ©s sont qualifiĂ©s de « boulettes, en sauce, en gelĂ©e ou en pĂątĂ©e, d’émincĂ©s, de bouchĂ©es »



Le rapport entre lexique et quantités présentes dans la composition, un exemple !

  • « au goĂ»t de poulet », « aromatisĂ© au poulet », « contient du poulet » : votre produit contient entre 0 et 4% de poulet
  • « au poulet » : le produit en contient 4 Ă  14%
  • « riche en poulet », « recette au poulet » : le produit contient entre 14 et 26% de poulet
  • « tout poulet » (en viande, hors additif et jus): 100% de poulet dans le produit !


En résumé, tout repose sur la volonté des industriels du petfood de mettre en avant la transparence de leurs compositions pour susciter la confiance du public, et à ce sujet : il y a encore du boulot !


Mais aussi sur l'oeil dĂ©sormais de plus en plus averti du consommateur qui s’intĂ©resse Ă  l’analyse les Ă©tiquettes. Au besoin, n'hĂ©sitez pas Ă  vous faire conseiller par votre vĂ©tĂ©rinaire.