MON CHAT EST DIFFICILE : COMMENT FAIRE ?

Vous lui mettez des aliments hyper alléchants dans la gamelle, pourtant Kitty boude et n'en mange pas une seule bouchée... Cauchemar ! Il faut dire que les chats ont la réputation de souvent faire la fine bouche face à la nourriture. Mais ce n'est pas une histoire de caprice. Le comportement alimentaire du chat est très particulier, et les sens (goût, olfaction, vision) y jouent un rôle très important. Si vous en connaissez les raffinements, il vous sera plus facile de satisfaire votre félin domestique ! 

Pourquoi votre chat refuse sa nourriture ?

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Contrairement aux chiens, les chats n’attribuent pas de valeur sociale à la nourriture. S’ils refusent de manger, il y a deux raisons très simples : ils sont soit malades ou en situation de mal-être (physique ou psychologique), soit ils n'aiment tout simplement pas l'aliment qu'on leur propose... ni sa disposition (eh oui). 


Dans certains cas, un individu peut refuser de s’alimenter de temps en temps simplement parce qu’il est trop nourri, qu’il n’a pas faim et/ou qu’il s’auto-régule. D’autres sujets deviennent difficiles à la suite de changements alimentaires trop fréquents : ils ont appris qu’attendre sans manger conduit à obtenir un autre aliment, peut-être plus apprécié !


Pour réussir à déterminer la cause du manque d'intérêt pour l'aliment proposé, la première étape de vérification consiste à évaluer la quantité d’aliment fournie quotidiennement et la ration réellement consommée. Ceci doit inclure les friandises et les restes de repas des propriétaires donnés à l’animal. Ce dernier doit être pesé : il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour les individus qui maintiennent leur poids normal au cours des semaines. Pour beaucoup de chats, l’installation d’une routine alimentaire est utile. La nourriture doit être fournie à heure fixe dans un endroit calme et chaque chat doit avoir sa propre gamelle.


Un chat qui est attiré par l’aliment offert commence souvent par lécher et renifler le bol, se lécher les babines et se toiletter la face. En revanche, si l’aliment proposé est peu attractif, le chat lèche et/ou renifle l’aliment et se lèche le nez. L’appétit du chat influence son choix surtout s’il s’agit d’un aliment peu attractif qui n’est consommé qu’en cas de faim prononcée; à l’inverse, un aliment très appétent est en général goûté même si le chat n’a pas faim.

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Grignotage et auto-régulation

Une légende tenace stipule qu'il faudrait laisser par exemple les croquettes à volonté à nos chats, car ceux-ci arriveraient à manger juste ce qui leur est nécessaire et seraient capables de s'auto-réguler. La vérité est que cela dépend vraiment des individus. En réalité, face à des aliments aussi appétents que des croquettes, la plupart des chats ne sauront pas se contrôler et en mangeront plus que de raison... et l'obésité pointera vite le bout de son nez. 

 

Une chose reste vrai, c'est que le grignotage est un comportement naturel du chat. Dans la nature, ceux-ci peuvent manger jusqu'à 16 petites proies par jour. Si vous avez un chat qui sait ne pas être trop glouton, surveillez simplement son poids et n'hésitez pas à adapter la dose de nourriture selon son niveau d'activité et le type d'alimentation que vous lui donnez (bi-nutrition, croquettes exclusivement, etc). 

Découvrez l'alimentation enfin sur-mesure 

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Lorsque toute raison médicale est écartée pour expliquer un manque d'appétit, il faut se tourner vers la nature biologique des félins domestiques pour comprendre leur éventuel manque d'enthousiasme. 

Leurs sens sont tellement développés qu'ils jouent un rôle déterminant dans la prise (ou, justement, la non-prise) alimentaire. 

Chez le chat, le goût est présent 5 jours avant la naissance (Beaver, 1980). La sensibilité gustative concerne les 4 saveurs de base, avec des degrés de réactivité classés comme suit (selon la réaction du chat lors de simple application sur la langue de vinaigre, sel, quinine, sucre...) : acide > amer > salé > sucré. 


A savoir

  • Le chat est très sensible à l’amertume (Houpt, 2005). Il la détecte à une plus faible concentration que le chien. Ce qui lui permet d’éviter certaines intoxications.
  • Le chat ne semble pas s’intéresser aux aliments sucrés : les récepteurs sont désactivés car le gène correspondant n’est qu’un pseudogène (Brandt, 2006). Le chat a tendance à rejeter les sucres de synthèse comme la saccharine ou le cyclamate car ils sont perçus comme étant amers (Bartoshuk et coll, 1975).
  • Les saveurs acides sont largement utilisées par les fabriquants d’aliments pour chats : de nombreux produits industriels disponibles contiennent en effet de l’acide phosphorique. Une consommation excessive d’aliments acides et riches en phosphore doit cependant être évitée chez les chats dont la fonction rénale est perturbée. 
  • Le goût salé est plutôt perçu comme positif par le chat et peut stimuler la prise d’aliment ou de boisson.

Le chat est attiré par les protéines (surtout d’origine animale) ainsi que par les matières grasses. Certains ingrédients comme les levures (levure de bière notamment) et des acides spécifiques sont également très appréciés des félins.

Plus encore que la sélection des sources, la protection des matières grasses contre l’oxydation est très importante. Le chat y est en effet très sensible et refusera de toucher à un aliment dont les graisses sont oxydées ou rancies. Les lipides peuvent également influencer l’appétence en modifiant la texture de l’aliment.

👉 Une affaire de goût

L’olfaction est LE facteur clé qui conditionne l’appétence d’un aliment chez le chat. Avant toute ingestion, il flaire méticuleusement sa ration. Une perte ou diminution d’olfaction chez le chat entraîne l’arrêt de la consommation alimentaire, et ce type d'anorexie peut durer aussi longtemps que le chat ne retrouve pas son odorat (May, 1987). Le renouvellement de la muqueuse olfactive et le retour de l’appétit demandent 4 à 5 jours.

 

Les fabricants d’aliments pour animaux travaillent bien sûr beaucoup sur les composés volatils capables de séduire à la fois les chats (lorsqu’ils approchent de leur bol) et les propriétaires (lorsqu’ils ouvrent le sac de croquettes). Mais ce domaine de recherches reste très confidentiel et encore peu publié. L’odeur de l’aliment est un paramètre clé pour les chats: la présence de graisses rances peut stopper la consommation, indépendamment du goût ou de la valeur nutritionnelle. C’est le critère majeur de la sélection alimentaire.

👉 L’anatomie du carnivore

Des animaux aux sens très délicats

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Lott-Brown et coll. (1973) montrent que les chats sont incapables de différencier des longueurs d’onde comprises entre 520 et 570 mm. Ils ne peuvent donc reconnaître le blanc du jaune ou du vert. Pour le chat, il s’agit de la même « tonalité ». En revanche, le rouge et le bleu sont clairement distingués. En conséquence, la couleur des aliments est plus importante pour le propriétaire que pour le chat. La vision du chat est très panoramique et mieux adaptée à distinguer les mouvements que les différences de ton. Ceci est d’une grande aide pour la prédation.

👉 Une vision particulière adaptée à la prédation

Lorsqu’ils prennent leur premier repas solide, les chatons imitent le comportement de leur mère, même si cet aliment est inhabituel (Wyrwicka et Chase, 2001). Les préférences alimentaires ne sont donc pas toutes innées et les influences sociales après la naissance jouent un rôle important.

Ainsi, des chatons au sevrage, dont les mères ont été conditionnées à manger des bananes (normalement non consommées par les chats!), peuvent marquer une préférence pour cet aliment même s’ils ont accès à une nourriture plus conventionnelle, comme des croquettes (Wyrwicka et Long, 1980).


Les chatons tendent à imiter tous les détails du comportement alimentaire de leur mère : ils préfèrent manger dans la même assiette et à l’endroit exact où elle a mangé. Les chatons sont de même plus enclins à manger un aliment nouveau en présence de la mère (Bateson, 2000). Les préférences alimentaires acquises pendant le sevrage persistent chez les chatons même après le sevrage et la séparation maternelle. Elles restent sensibles jusqu’à l’âge de 4 à 5 mois (Wyrwicka et Long, 1980).


Une bonne partie des habitudes alimentaires se mettent donc en place entre l’âge de 5 à 8 semaines. L’éducation alimentaire doit donc se faire pendant cette période. Le rôle de l’éleveur où de la première famille est donc primordial pour faire de chaton un individu qui aura pris l’habitude de manger un peu de tout. Pendant les premières semaines qui suivent l’adoption, il est recommandé de distribuer au chaton le même aliment que celui qu’il recevait dans sa famille d’origine pour faciliter son adaptation à la maison. Les félins habitués à une certaine texture ou une forme particulière de croquettes peuvent effectivement refuser un nouvel aliment qui vient perturber leurs habitudes.

Les repas du chaton : déterminants pour la suite !

Avant tout, rappelons-nous que les chats sont des grands sensibles, très attachés à leurs rituels et à leurs petites habitudes. Sauf quelques rares exceptions, la moindre perturbation, même infime, de leur environnement quotidien, peut leur couper l'appétit ou au contraire les pousser à manger plus pour se détendre. 

 

L'environnement psychologique, affectif et matériel du chat conditionne donc fortement sa prise alimentaire. Wolter (1982) mentionne divers facteurs susceptibles de modifier le comportement alimentaire : une tension entre les membres de la famille, un changement de luminosité, un bruit soudain, une nouvelle odeur du produit servant à nettoyer la gamelle, l’arrivée d’étrangers, etc. La qualité de l'aliment n'est alors pas en cause. Les chats ont besoin de se sentir en sécurité dans leur environnement et savoir qu'ils y ont des cachettes pour être à l'aise. 

Solutions pour faire manger un chat difficile

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Le saviez-vous ?

Le chat ne miaule qu’en s’adressant à l’homme. A part des roucoulements de jeux, bruits de protestations ou feulements de colère, le chat ne communique pas avec les autres animaux de la même façon. Du coup, il en use et en abuse, en particulier pour obtenir sa nourriture. Cependant attention à ne pas céder trop facilement : la plupart du temps ces miaulement ne correspondent pas vraiment à un « besoin » de nourriture mais plutôt à celui d’attention ou d’échanges positifs par le contact, le jeu, ou tout simplement le moment du repas, considéré comme agréable. 

 

Après avoir mangé, la plupart des chats se toilettent, quelle que soit l’appétence de l’aliment. Ceci est considéré comme un réflexe neurophysiologique inné car l’alimentation par sonde gastrique entraîne le même comportement.

 

Les chats préfèrent souvent manger un nouvel aliment plutôt qu’un aliment familier. Leur attrait pour le nouvel aliment durant plus ou moins longtemps en fonction de l’appétence de celui-ci. « L’effet nouveauté » dure souvent seulement quelques jours (rarement plus de 5 à 6 jours), après quoi la préférence alimentaire se stabilise. A la maison, les changements alimentaires réguliers pratiqués par beaucoup de propriétaires entraînent l’augmentation de la consommation par le chat, celle-ci étant favorisée par le renouvellement et l’alternance des régimes (Rabot, 1994). Ce phénomène est appelé métaphilie (du grec, meta: « transformation ») et correspond à l’effet produit par le régime “cafétéria”.

Être attentif aux odeurs

Il vaut mieux éviter les gamelles en plastique ou sales, qui conservent facilement les mauvaises odeurs et, en ce qui concerne le plastique, peuvent même générer des allergies. Mieux vaut privilégier des gamelles plates ne retenant pas les odeurs et laver régulièrement (tous les jours) comme en céramique ou en inox. Une simple assiette est souvent The gamelle parfaite !

Être attentif à la température

Les chats préfèrent les aliments à température ambiante ou proches de la température corporelle (aux alentours de 40 °C). Le réchauffement facilite en effet la volatilisation des composés aromatiques et s’approche de la température des proies. En pratique, passer l’aliment de 20 à 40 °C peut faire augmenter la consommation de nourriture de 80 %. La préhension et la mastication entraînent aussi naturellement un réchauffage de l’aliment. Attention donc à la faible appétence que pourrait avoir une barquette tout droit sortie du réfrigérateur !

Attention à la texture et aux formes !

Élément très important et trop souvent négligé : la texture détermine beaucoup la prise alimentaire. 

  • les produits émincés sont consommés rapidement, sans interruption, en mode « aspirateur ». Pas forcément l'idéal.
  • les produits en gelée au contraire, poussent les chats à ingérer de gros morceaux, qu'ils doivent prendre le temps de mâcher. Or, un temps de mastication plus long améliore souvent la digestion ! 

Les chats préfèrent souvent les aliments situés aux extrêmes en terme d’humidité (soit très sec < à 10%, soit très humides > à 70%).


La forme de l'aliment servi facilite aussi plus ou moins sa préhension. On recommande de faire de petits monticules séparés les uns des autres qu'un seul tas homogène et lisse. Aussi, dans un souci de confort du chat, on évitera les petites gamelles, afin que les moustaches ne soient pas en contact avec l'aliment ou le bord de la gamelle. 

Si vous avez un chat néophile...

Beaucoup de chats se méfient de l'odeur des aliments nouveaux, qu'ils ne connaissent pas par définition, quitte à opter pour la grève de la faim. Si vous introduisez un nouvel aliment, pensez à le mélanger quelques temps avec l'ancien.

 

Mais il existe aussi des chats qui apprécient la nouveauté ! Dans ce cas-là, un changement d’aliment peut s’accompagner d’une suralimentation temporaire après introduction du nouveau régime. Dans le premier mois, le chat peut manger jusqu’à 100 kcal/ kg. Puis l’effet se dissipe et la consommation se stabilise autour de 60 kcal/kg après deux mois (Nguyen et coll, 1999). Il est donc important qu’après avoir changé l’alimentation de leur chat, les propriétaires mesurent la quantité de nourriture consommée pour contrôler que l’apport calorique est adéquat.

 

Un propriétaire peut choisir de ne pas tenir compte de cette tendance naturelle à la néophilie et de donner toujours le même aliment à son chat. Il est cependant possible qu’il observe alors un phénomène de lassitude, associé à une diminution de l’appétence (même si l’aliment est complet et bien équilibré). Ce comportement rappelle l’état de « satiété orale » constaté chez l’homme (manger trop souvent du chocolat ou des huîtres peut en diminuer l'attrait).

 

En résumé, il y a 2 types de chats : ceux qui se jettent sur les nouveautés à manger et s’en lassent au bout de quelques jours, et ceux qui n’y toucheront jamais. Tout reste une histoire de contexte et d’aliments !


Même la disposition est importante !

Attention aussi à la disposition des gamelles, mieux vaut mettre celles-ci à distance du lieu de repos et des litières. Le chat raisonne en effet en « aire de de vies » souvent bien délimitées. Si vous avez plusieurs chats ? Prévoir plusieurs gamelles et aire de nourrissage peut être une bonne solution pour limiter tout stress de la vie en communauté.

Pas du tout ! Des chats qui ne se posent jamais de questions devant leur gamelle, mange de tout du jour au lendemain, cela existe... mais cela pose d'autres problèmes, comme la gloutonnerie et le risque d'obésité ! Néanmoins, les humains qui les côtoient sont rares et chanceux. 

Chaque chat est différent. Chacun a une histoire, un passé personnel, un cadre de vie et l’alimentation étant chaton laisse elle aussi une empreinte très forte. C'est notre rôle, en tant que propriétaires, de comprendre leurs besoins et de nous adapter pour les satisfaire ! 

Les chats gourmands : une légende ?

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PUBLIÉ LE 18 DECEMBRE 2018 - HECTOR KITCHEN, TOUS DROITS RESERVES

Par Dr Thierry Bedossa, Emilie Blanc et Charlotte Gnaedinger.

Ne changez pas seulement de croquettes, 

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